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1920

Madeleine les années folles, épisode 26

 

1920

Madeleine les années folles, épisode 25

 

1920

Madeleine les années folles, épisode 24

 

1920

Madeleine les années folles, épisode 23

 

22 Mars 1920

    Madeleine les années folles, épisode 22

Je suis perdue, irrémédiablement perdue, si je retourne une seule fois avec Paul.
N’y suis-je pas déjà? N’est-il pas trop tard? Je ne sais pas, je ne sais plus !
Père est parti, hier soir nous étions seuls, et malgré toutes mes larmes, malgré toutes mes promesses intérieures des jours précédents, encore une fois, je me suis laissée aller à lui.

2 février 1920

 

Madeleine les années folles, épisode 21
« Décidément, il me semble que depuis quelque temps j’aime moins, beaucoup moins Loulou (…) Si j’ai aimé, si j’aime Loulou, c’est parce que j’ai vu en lui le révélateur, l’initiateur, et je lui en suis reconnaissante, je l’avoue sans honte. Sur ce point, il m’a aidée à me connaitre.
Il m’a conquise par les sens. S’il avait su aussi bien conquérir mon intelligence, comme je l’aimerais avec plus de force, quoique avec autant de passion. Loulou, pourquoi n’as-tu pas su t’approprier tout ce qu’il y avait en moi de bon, et aussi de romanesque ?
Pourquoi n’avoir éveillé en moi que mes sens ? Oh si mon intelligence s’était ouverte à la tienne, comme mon cœur à ton cœur sans réflexion, je ne risquerais pas aujourd’hui de t’aimer moins qu’hier. Lequel de nous deux a été le plus malhabile ? Moi de t’aimer, ou toi de ne pas savoir me prendre… ? »

 

18 Décembre 1919

 

Madeleine les années folles, épisode 20

Jean Perzot s’est décidé à venir me voir hier, après m’avoir attendu en vain dimanche.
Il me fait une cours suivie, et cela m’amuse. Des mots d’amour lui brûlent les lèvres, puis, il n’ose pas les prononcer. Cependant, il me fait comprendre assez clairement son amour.

« Que faites-vous à Bédée, vous devez vous amuser, lui dis-je
– M’amuser !…si encore vous étiez là, je comprends, mais…
– Mais quoi ? Vous n’allez pas me faire croire que vous n’avez pas une petite Miss pour vous divertir par là.
– Je vous jure Madeleine que je n’ai personne. Du reste, je songe à me marier.
– A vous marier ! Avec qui ? Dites, dites -moi vite…
– Non, je ne vous le dirai pas.
– Pourquoi méchant ! Est-elle grande ou petite ?
– Moyenne.
– Châtain, brune, blonde ou rousse ?
– Châtain.
– Yeux bleus ou noirs ?
– Bleus.
– C’est drôle, je ne vois pas du tout, du tout qui est ce (je le voyais trop bien)
Je repris avec un sourire.
Vous m’invitez à votre noce au moins?
– Oh non ! J’aurais trop gros cœur !
– Pourquoi?
– Si celle que j’aime ne m’aime pas…
– Oui en effet, vous êtes à plaindre, dis-je avec un air contrit. Un long silence, puis il reprit.
M’étant engagé, je vais bientôt être démobilisé. et j’aurai aussitôt une bonne situation. Je gagnerai telle et telle somme par an (je ne me souviens plus le chiffre exact) aussi j’ai résolu de me marier pour en faire profiter ma femme. Puisque je serai riche, autant le partager avec une compagne aimée.
– Et qu’exigerez-vous de votre femme, qu’elle vous raccommode vos chaussettes, qu’elle vous fasse votre popote..?

30 Septembre 1919

 

 

Madeleine les années folles, épisode 19

« Ecoute, mon petit Père, je vais te dire quelque chose. Ne ris pas, ne te moque pas surtout. Eh bien voilà : ta fille est amoureuse. Cela t’étonne, n’est-ce pas, et pourtant c’est ainsi. Je sais que je ne devrais pas te dire cela en ce moment, tu as bien d’autres choses à penser. Mais puis-je te le cacher ? Non, n’est-ce pas, oh ne te tracasse pas, il m’aime, je l’aime, et voilà tout. Il n’y a aucun mal, dis petit père, du reste Marie-Ange le connaît et m’a permis de le fréquenter. Je sais que ce n’est qu’un petit béguin, et pourtant je l’aime ! L’année dernière, je me suis moquée de lui en plein, et cette année je suis heureuse, bien heureuse lorsque je suis à côté de lui. Comment cela se fait-il ? Énigme ! Je n’y comprends rien. Voilà mon petit père, ma confession terminée. Ne me gronde pas. Du reste, tu sais que c’est toi que j’aime et que j’aimerais toujours le mieux … etc, etc. »
Que va-t-il penser ? Va-t-il rire ou se fâcher ? Il est impossible que tu m’en veuilles, n’est-ce pas père chéri, puisque je t’avoue franchement les relations que j’ai avec Louis. C’est égal ! Je me demande ce que tu vas penser. Ta fille amoureuse, tu ne t’attendais certainement pas à cette nouvelle. Mais vois-tu, à 18 ans, l’amour est nécessaire à l’âme comme le pain au corps. Un de nos grands poètes a dit : « Il est impossible d’aimer une seconde fois ce qu’on a véritablement cessé d’aimer ». Eh bien moi, je dis qu’il s’est bien trompé. Car jamais l’année dernière je n’ai éprouvé pour Loulou le sentiment que j’éprouve cette année. »

1919

Madeleine les années folles, épisode 18

« Samedi dernier, je n’ai pu rester insensible à ses baisers, et ce que je lui ai refusé l’année dernière, je lui ai accordé sans prière de sa part cette année.
Je sais bien que cela est compris dans le baiser. L’an passé, il n’était jamais parvenu à franchir la barrière de mes dents. Mais cette fois-ci, ma bouche n’a pu rester close sous la caresse de la sienne. Je lui ai laissé cueillir mes baisers avec abandon. Pourtant parfois, je rougissais.
Maman, si tu me vois, que dois-tu penser de moi ? Pourtant nous ne faisons rien de mal, je te le jure. Ai-je tort de me laisser aller à lui ainsi ? Je ne dis pas que je l’adore. Mais je l’aime comme je peux aimer à mon âge. Je prends peut-être pour de l’amour les premiers émois de mon corps vierge, les premiers troubles de mes sens. Pourtant toi, petite Mère, tu sais que jamais ta Madeleine ne faiblira, aussi il n’y a aucun mal à flirter un peu, n’est-ce pas ? Veille sur moi, Maman, protège-moi, car vois-tu, je ne vois pas toujours bien clair en mon cœur. »

24 juin 1919

Madeleine les années folles, épisode 17

Grande nouvelle ! Les boches ont enfin accepté les conditions de paix et vont bientôt la signer, aussi quelle fête…Le soir est venu, nous suivons la musique en chantant, à travers les rues du village. Ensuite, c’est le bal traditionnel. Alfred est avec nous, malheureusement mon « timide » est retourné à Paris. Nous dansons comme des fous et à 1 heure du matin, nous quittons le bal.

Après nous être déshabillées, Zizi et moi faisons les imbéciles devant la glace. Moi, avec une grande écharpe rose, elle avec un couvre-lit blanc. Deux heures sonnent, nous nous couchons enfin.

Mais à quoi bon dormir puisqu’il faut que je me lève à 4 heures pour prendre mon train. Nos commençons donc à bavarder. Nous parlons entre autre d’une jeune fille d’ici, Marie Fayola, une vraie poupée mais poitrinaire jusqu’à la moelle des os. Elle a eu, parait-il, certaines relations plus qu’intimes avec certaines de ses amies.. Nous la blâmons sur sa conduite, et cependant, je ne puis dire le vague plaisir que nous épousons à dépeindre ces orgies… Puis tout à coup, sans que j’aie eu le temps de m’en apercevoir, Marie-Louise pose ses lèvres sur les miennes et me donne un baiser…un baiser qui ressemblait plutôt à celui d’une amante que d’une amie. »

 

16 mai 1919

Madeleine les années folles, épisode 16

Dans l’épisode 16, le printemps fait tourner la tête de Madeleine…

« Vendredi 16 mai 1919

Depuis mon retour à Paris, je suis sage comme une petite sainte. Cependant, si je voulais ! Ce n’est ni la liberté, ni les occasions qui me manquent…Mais à présent, j’ai horreur de ces rencontres bizarres que l’on fait dans la rue. Je ne suis plus l’enfant naïve de l’an passé.

Oh non, je suis même un peu désillusionnée.

Mais maintenant, je ne montrerai mon Journal à personne, à personne qu’à toi petit mari, et peut être aussi à quelques amies intimes. Car aujourd’hui, je vais t’avouer petit cahier, cher confident des mes pensées, une chose que je n’ai jamais osé m’avouer à moi-même…

Le soir, lorsque je suis seule, étendue dans mon lit blanc, ma pensée s’envole comme toujours, vers un pays de rêve…C’est alors que je ressens une sensation étrange courir dans toute ma chair… »

La suite…en écoutant l’épisode 16…

11 novembre 1918

 

Madeleine les années folles, épisode 15

Enfin le voici ce jour tant désiré ! L’Armistice est signée, la France est victorieuse ! …Mes oreilles bourdonnent encore de ces deux phrases qui répandent la joie sur tous les visages.

Les cloches jettent dans l’air ses joyeux carillons. Le canon tonne comme aux jours où les boches maudits venaient semer le deuil et la misère sur Paris. Tout le monde court, rie, parle, chante, s’embrasse sans même se connaitre. Qu’importe, nous sommes tous amis, nous sommes tous frères en ce beau jour de gloire. Puis des milliers de drapeaux sont hissés aux fenêtres. Enfin la « Marseillaise » éclate. C’est alors un enthousiasme indescriptible.
Je ne puis décrire ce jour. Je parle, je parle, et je suis incapable de dire l’émotion que je ressens. Toute ma joie, toute ma reconnaissance, envers nos braves poilus se résument en ces mots : Merci !…Vive la France !…

Je ne puis en dire davantage, mon cœur déborde. Mais, quiconque aura vu ce jour heureux entre tous, me comprendra. Une joie trop grande ne peut se décrire, elle se devine. Ô France ! Tu es sauvée, sauvée par tes enfants. Leur sang n’aura pas été inutile puisque tu es victorieuse. Alsace-Lorraine, revenez à nous, nous vous tendons les bras. »

 

11 novembre 1918

 

Madeleine les années folles, épisode 14

Enfin le voici ce jour tant désiré ! L’Armistice est signée, la France est victorieuse ! …Mes oreilles bourdonnent encore de ces deux phrases qui répandent la joie sur tous les visages.

Les cloches jettent dans l’air ses joyeux carillons. Le canon tonne comme aux jours où les boches maudits venaient semer le deuil et la misère sur Paris. Tout le monde court, rie, parle, chante, s’embrasse sans même se connaitre. Qu’importe, nous sommes tous amis, nous sommes tous frères en ce beau jour de gloire. Puis des milliers de drapeaux sont hissés aux fenêtres. Enfin la « Marseillaise » éclate. C’est alors un enthousiasme indescriptible.
Je ne puis décrire ce jour. Je parle, je parle, et je suis incapable de dire l’émotion que je ressens. Toute ma joie, toute ma reconnaissance, envers nos braves poilus se résument en ces mots : Merci !…Vive la France !…

Je ne puis en dire davantage, mon cœur déborde. Mais, quiconque aura vu ce jour heureux entre tous, me comprendra. Une joie trop grande ne peut se décrire, elle se devine. Ô France ! Tu es sauvée, sauvée par tes enfants. Leur sang n’aura pas été inutile puisque tu es victorieuse. Alsace-Lorraine, revenez à nous, nous vous tendons les bras. »

mars 1918

Madeleine les années folles, épisode 13

« Lecteurs ! Un peu de comique ! Je vais vous raconter mon retour de Dinard. Je quitte donc Suzanne, Marcelle, et toute la famille à Riquiqui. Je pars avec Georgette (la fille à Madame Goulon). Jusqu’à Dinan, tout va bien. Là nous descendons pour changer de train. Il était alors 6 heures du soir moins le quart environ. Je me rends près d’un employé.
« Pardon M’sieu, le train pour la Brohinière, à quelle heure svp?
– 3 heures 10′ Mademoiselle.
– 3 heures 10 ‘ demain matin?
– Non, demain après-midi. »

 

1918

Madeleine les années folles, épisode 12

« Je me penche mélancoliquement par la fenêtre. Que vois-je ? Un bossu appuyé sur une canne. Une vielle femme les mains sur les hanches, qui commère avec sa voisine. Un paysan travaillant avec ardeur sous un soleil de plomb…. Tout ces gens sont des travailleurs sans doute. Mais je ne les comprends pas, je ne pourrais vivre éternellement avec eux. Ils vivent terre à terre, peu leur importe le gazouillis des oiseaux ou les beautés de la nature. Les fleurs ne sont pour eux que des choses futiles et ordinaires. Ils s’étonnent de nous les voir cueillir. Ils parlent dans une langue lourde et disgracieuse. Dieu quelle différence ! Paris ! Vive Paris ! Je ne pourrais vivre longtemps au milieu de gens si stupides !  »

1918

Madeleine les années folles, épisode 11

Madeleine quitte pour de bon Les Lilas et la vie parisienne pour de nouvelles aventures : celles de « Mad à la campagne ».

« Me voici depuis deux jours en Bretagne. Loin du bruit, et de la tourmente de la capitale. Assise près de la fenêtre, j’écris sans crainte d’être surprise par Mademoiselle Vergnes, la suite de mes confidences. »

 

1918

Madeleine les années folles, épisode 10

« Aujourd’hui, tout le monde est en préparatifs, car le départ approche.
Dire qu’il faut abandonner tout cela, je ne verrai plus ce parc, cette cour où je me suis tant amusée. Je ne m’assoirai plus sur ce banc d’écolière. Je ne pénètrerai plus dans ce dortoir, où j’ai fait de si jolis rêves.
Mon « roman de petite pensionnaire » va se terminer, et prendra bientôt un autre titre… »

 

1918

Madeleine les années folles, épisode 9

Les aventures de Madeleine se poursuivent avec l’épisode 9. Les Allemands se livrent désormais à des attaques diurnes, et bientôt Madeleine devra quitter le pensionnat Gay…

1918

Madeleine les années folles, épisode 8

Les aventures de Madeleine se poursuivent…en 1918, en pleine guerre, au pensionnat Gay des Lilas…que vous découvrirez bientôt en images.

1918

Madeleine les années folles, épisode 7

Pour finir l’année en beauté, Madeleine revient avec le deuxième tome de ses écrits, qui débute en janvier 1918.

1918

Madeleine les années folles, épisode 6

Connaissez-vous la nuit des gothas ? Il s’agit de la fameuse nuit du 30 janvier au 31 janvier 1918. Madeleine nous la raconte telle qu’elle l’a vécue dans l’épisode 6.
Il s’agira des dernières aventures du premier carnet de Mad’…Mais rassurez-vous, la suite vous attend bientôt avec le deuxième carnet de sa vie.

 

mars 1920

Madeleine les années folles, épisode 5

« Madeleine,
Si vous savez ce que c’est que l’amour, si vous avez déjà aimé, vous comprendrez la douleur d’un cœur de 17 ans, d’un cœur trop jeune, qui vient de se briser.
J’avais hélas, eu la folie de croire en l’amour de Suzanne. Je l’aimais comme nul ne peut aimer. Je la chérissais comme nul ne peut chérir davantage. J’avais vu dans se yeux un rêve étrange, mystérieux, qui aurait fait le bonheur de ma vie. Mais son cœur, et son esprit volage, se sont tout-à-coup, enfuis à tire d’ailes. Elle m’a délaissé pour quelque autre amant. Je ne suis heureux qu’en la voyant heureuse elle-même. Je m’inclinerai devant sa préférence, et je me résignerai au sort du délaissé, du sacrifié. Moi, qui l’ai toujours aimé, qui l’aime encore, et qui l’aimerai toujours.
Je pleure, et je soupire. Rien n’obsédera plus ma pensée que la tristesse et le désespoir.
Faites moi la grâce chère amie, de faire disparaître ma photo, ainsi que tout ce qui pourrait vous faire penser à moi. Oubliez-moi, et surtout ne prononcez plus mon nom à Suzanne. Je veux qu’elle soit heureuse. »

Adieu

Léo »

12 janvier 1918

 

Madeleine les années folles, épisode 4

« Cher Ami,
Je vois à votre lettre que vous n’avez pas reçu la mienne. Celle qui pour toujours doit me séparer de vous.
Vraiment, vous êtes fort ! Vous pleurez ! Pauvre enfant, pourquoi ne puis-je sécher vos larmes par un baiser.
C’est très bien de pleurer, mais vaut mieux rire et s’amuser (faites comme moi).
Or, comme vous le disiez l’autre jour, je suis très capricieuse. L’amour pour moi, n’est qu’un jeu, qui doit passer très vite. Pas de jour sans lendemain. Je croyais pouvoir aimer sérieusement. Mais non, je en suis pas faite pour être toujours au même. Je suis changeante, et vous aimer serait vous faire souffrir.
Je vous ai menti, en vous disant que mon amour avait été que pour vous. Combien déjà ai-je fait pleurer ! Mais, que m’importe qu’ils pleurent, je vis pour aimer, je suis faite pour aimer. Mais pour n’aimer qu’un jour. Au moment où vous lirez ces lignes, je serai à la République, un autre que vous m’y attend, un autre que vous prendra mes lèvres. Alors, voyez-vous, il faut m’oublier. Que le feu de votre passion s’éteigne, comme la flamme de mon amour, s’est éteinte pour vous … »

13 novembre 1917

 

Madeleine les années folles, épisode 3

Madeleine et son « petit père adoré » …

La preuve qu’en 1912, il en existait déjà des papas poules. Il sera le confident de Madeleine, jouant le rôle de mère et de père à la fois , pendant toute sa vie.

1917

Madeleine les années folles, épisode 2

 

1917

Madeleine les années folles, épisode 1

 

Madeleine, les années folles

Madeleine Mourier, c’est mon arrière-grand-mère maternelle… mais c’est avant tout une longue histoire…!

Je ne l’ai jamais connue, ma mère non plus d’ailleurs. Mais il y a deux ans, nous avons retrouvé un trésor qu’avait précieusement caché ma grand-mère. Plusieurs journaux intimes où Mad’ a raconté sa vie, de ses 16 à ses 39 ans, ou du moins ce qu’on en sait, puisque les derniers tomes de sa vie ont mystérieusement disparu… Cette Parisienne de la classe moyenne du quartier de Belleville, d’une éducation de bonne famille, élevée au pensionnat, deviendra au fil des pages et des années, de 1915 à 1937, d’une guerre aux prémices d’une autre, Madeleine Contant, sans mener une vie aussi rangée qu’on pourrait le croire. Sur 5000 pages au bas mot, d’une tenue et d’un style impeccable, au gré des aléas de la vie, de ses humeurs et des saisons, j’ai appris à connaitre mon arrière-grand-mère, comme je ne l’aurais probablement jamais connue. Qui plus est, Madeleine s’adresse souvent à des lecteurs sur ses pages. Elle écrivait donc pour être lue, et pour laisser une trace. Mieux, plus qu’un simple journal intime assidûment tenu sur plus de 30 ans, ses mémoires sont un témoignage historique, sociologique et féministe du siècle dernier.

Qu’à cela ne tienne, hors de question de laisser le travail d’une vie, ou presque, dans un placard. Je travaille depuis déjà deux ans sur son édition, recherches iconographiques à l’appui. Mais avant cela, j’ai eu envie de recréer et de partager par le son et l’image ses aventures, en réalisant « Madeleine, les années folles ». L’émission a été diffusée pendant la saison 2014-2015 sur Radio Alpine Meilleure. L’aventure continue sur cette page, sur Soundcloud et sur Facebook.
Pendant 30 minutes, je vous propose de vous plonger dans les années folles de mon arrière-grand-mère. De vivre dans la peau d’une femme du siècle dernier à travers des extraits de son journal intime, mais aussi par la musique du début du siècle que vous entendrez, de la période des Années folles au néoclassicisme. Cette émission « artisanale » vise à transmettre les réflexions d’une vie, à travers plusieurs époques : la Belle Epoque, la Grande Guerre, les Années folles et l’Entre-Deux-Guerres. Et vous le verrez, si certaines pensées sont bel et bien ancrées dans leurs époques, ses doutes, ses idéaux, ses peines, ses bonheurs, ses questionnements de fille, de femme, de mère et d’épouse n’ont bien souvent pas pris une ride.

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