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Maroc

Adam

« Mes sœurs ne peuvent pas posséder les terres que notre père nous a léguées »

Les droits des femmes au Maroc ? Pfouh… C’est comme si rien n’avait vraiment encore commencé. Quels droits des femmes ?

Je suis moitié Américain, moitié Marocain, et je peux dire que je suis content d’être un homme, au Maroc. Mes soeurs, qui vivent en Floride, n’habiteraient jamais ici. Pourquoi le feraient-elles ? Ici elles n’ont pas de droits, pas d’existence.

Notre père, Marocain, est décédé il y a quelques semaines en nous laissant des terres et une ferme à Figuig, ville figée dans le temps, à quelques kilomètres de la frontière algérienne. Moi, j’ai hérité de la moitié des terres, parce que je suis un homme, tandis que mes deux sœurs n’ont hérité que d’un quart chacune, parce qu’elles sont des femmes.

Et elles ne peuvent même pas posséder la terre en leur nom. A Figuig, elles n’en ont pas le droit. Ici, on est 500 ans en arrière par rapport au reste du Maroc. Les femmes ne montrent que leurs yeux. Les hommes et les femmes mangent séparément, et surtout les femmes doivent attendre que les hommes aient fini pour commencer. En famille, je n’ai donc jamais pu manger avec ma copine, qui est marocaine, et nous avons dû nous marier rapidement car elle risquait de se faire arrêter pour prostitution…