Description du projet

Voir tous les portraits

France

Nicolas

« Il n’y a pas que les hommes qui sont hors la loi »

Un soir, je rentrais d’une soirée. Je conduisais la voiture, parce que j’étais le seul à ne pas avoir bu ni fumé. On s’est fait arrêter par la police. On était trois garçons et deux filles. Et sur nous cinq, il n’y avait qu’une des filles qui avait du cannabis sur elle. On est descendus de la voiture, on s’est retrouvés devant trois fourgons de police et huit flics. Sur les huit, il y avait deux femmes. Après avoir contrôlé notre identité, ils nous ont demandé si on avait du cannabis ou d’autres drogues sur nous. Tout le monde a répondu non, et ils n’ont fouillé que les garçons. Les filles n’ont pas été fouillées, alors qu’il y avait deux policières en mesure de le faire. Au final, ça a porté chance à mon amie qui avait du shit sur elle, mais je trouve ça dommage qu’au faciès, comme ça, on considère qu’une femme ne puisse pas prendre de drogue ni avoir d’arme sur elle. Même les femmes peuvent être hors la loi… Ils n’y a pas que les hommes qui sont comme ça !

On en parle peu, mais je trouve que les hommes subissent de véritables discriminations au faciès. Un autre exemple. Une nuit à Caen, j’étais en soirée avec deux amies. Au moment de rejoindre une autre boite de nuit, je les ai perdues, et je n’avais aucun moyen de les joindre. Je ne savais pas où elles étaient et j’étais très inquiet. Du coup, je me suis dit que le plus simple, c’était d’aller dans la boite où on avait prévu de passer la soirée. Mais au moment de rentrer, parce que j’étais un homme, seul, le videur m’a recalé direct. Et j’étais bien habillé pourtant ! Il m’a regardé, il m’a dit « c’est fini », et il a refermé la porte. Il ne m’a même pas demandé mon âge ou si je connaissais quelqu’un. Parce que j’étais un homme seul, qui n’était pas accompagné de jolies filles qui pouvaient faire monter la fréquentation de la boite de nuit, il n’avait aucun intérêt à me laisser rentrer. Je ne pouvais rien faire. Deux minutes après, deux mecs sont arrivés avec 5 filles, et les videurs les ont laissés rentrer devant moi. C’est dégueulasse pour les mecs, mais aussi pour les nanas qui sont considérées comme «  l’accessoire nécessaire », le sésame pour rentrer en boite de nuit, parce qu’elles permettent d’attirer du monde. Un peu comme de la viande fraiche pour appâter les lions.