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Maroc

Jihane

 « L’espace public n’est pas réservé aux hommes ! »

Zéro, c’est la place des femmes dans l’espace public. Même pour des gestes anodins. Ici par exemple, en voiture, seul un homme peut faire des appels de phares pour remercier la personne qui lui a cédé le passage. Quand une femme le fait, c’est interprété comme de la drague ou comme une provocation, et elle se fait généralement suivre après.

La femme est vue comme une éternelle tentatrice au Maroc. Quand elle ose porter plainte au commissariat pour un viol, on lui demande avant tout « qu’est-ce que tu portais ce jour-là ? », « pourquoi tu es sortie à dix heures du soir ? », « pourquoi tu n’étais pas accompagnée ? », « qu’est-ce que tu faisais dans cet endroit ? ». C’est elle la fautive, ce n’est jamais le violeur.

Je devrais rester en retrait, sous prétexte de me protéger du regard des autres. Moi, je le vis comme une discrimination atroce dans la vie de tous les jours, qui limite notre présence dans l’espace public. Tout le monde a besoin d’aller vers les autres pour s’épanouir, personnellement et professionnellement ! Pourquoi y-a-t-il ce frein social ?

La société impose aux femmes un certain type de caractère introverti et ça me révolte. Moi je parle et je réponds à l’autre naturellement, sans arrière-pensées. Je suis quelqu’un de bavarde et de spontanée ! On me refuse la même liberté que les hommes et on me reproche de ne pas être assez réservée, alors que je veux simplement occuper l’espace public avec la même liberté que les autres ! Et ça, il faut avoir la force de l’assumer tous les jours.

Occuper l’espace public, c’est ce qui permettra aux femmes d’avoir toute leur liberté et leurs droits, quelle que soit leur tenue vestimentaire.