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Maroc

Leila

« Je dois encore être sous la tutelle d’un homme pour exister »

Je suis une jeune chef d’entreprise, indépendante et autonome. J’essaie d’être moi-même maîtresse de mon destin.

Aujourd’hui, je devais faire ma demande de visa pour aller en France. Ayant fourni la liste de documents officiels, j’ai été assez surprise de voir qu’on me demandait un document qui n’y figurait pas : le livret de famille. On estime qu’il me faut un tuteur : soit mon père, soit mon éventuel mari. Et vu qu’il n’y a pas d’éventuel mari, on m’a réclamé le livret de famille, avec l’autorisation de mon père.

C’est une pratique officieuse dans ces administrations privées, pourtant directement liées au consulat français. J’ai réagi très pragmatiquement : « Ah mince, et vous fermez à quelle heure pour que je vous ramène ces papiers ? » C’est une administration, je ne me sentais pas de pousser un coup de gueule… Je voulais mon visa !

C’est dingue qu’aujourd’hui, on ait encore besoin de prouver qu’on est sous la tutelle d’un homme pour pouvoir exister… surtout quand on sait que mon quotidien est fait d’indépendance, d’autonomie et d’autogestion ! (rires)