Description du projet

Voir tous les portraits

France

Charlie

« Les femmes libérées dérangent encore »

Moi je voulais parler d’un site de rencontre, Tinder, sur lequel je me suis inscrite suite à ma dernière rupture. Je me suis aperçue que les règles n’étaient pas les mêmes selon les sexes.

•••

Le « oui » pour un café englobe encore pour beaucoup de mecs le « oui tu couches »

•••

Quand tu es un mec, tu peux mettre sans problème sur ton profil, en tête de gondole : « cherche câlins, massages et plus si affinités ». Si un homme dit librement qu’il cherche une aventure, ça ne pose de problème à personne. Mais quand je dis, en tant que femme, que je me suis juste inscrite pour me changer les idées, faire des rencontres et ne pas forcément trouver l’amour, les réactions sont tout de suite différentes. Il y a ceux qui t’insultent directement sur le site, de pute, de salope ou de nymphomane. Puis il y a ceux qui sont persuadés que si j’accepte de les rencontrer pour boire un verre, ça les autorise à me tripoter ou à coucher avec moi directement. Comme si c’était déjà conclu. Je les appelle les Bonobos : l’instinct grégaire, aucune intelligence ni subtilité. Ils pensent que décrocher un rendez-vous sur Tinder les autorise à consommer la femme directement, comme une prostituée gratuite, ni plus, ni moins. Parce que tu es libérée, tu es forcément facile. Beaucoup font encore ce raccourci malheureusement. Alors que je ne suis pas facile justement, je choisis avec qui je couche, et ça, certains ne le comprennent pas.

Par exemple, j’ai bu une bière avec un type et je me suis aperçue qu’il ne me plaisait pas du tout. Je suis restée par politesse, tout en gardant mes distances, et on a discuté gentiment. Il va pour payer et me lance « on y va ? ». Bon moi, j’avais aussi décidé de partir et je n’avais pas saisi sur le coup. Je m’apprête à lui dire au revoir mais il me lance « alors on va chez toi ? » Je lui dis simplement : « ben non »… Il renchérit un peu énervé : « Ah d’accord, bon si tu ne reçois pas chez toi, dans ce cas on va dans quel hôtel alors ? » Je lui explique alors calmement que c’était hors de question puisque je n’avais pas envie. Et là, il n’a pas arrêté de me lancer des « Allez heu… Allez heu… », comme un affamé qui n’avait pas croqué depuis des mois et qui me considérait comme le produit du soir. C’était pathétique et ça m’a vraiment choqué. Le « oui » englobe encore pour beaucoup de mecs le « oui tu couches ». Un autre m’a carrément soulevé ma jupe pour voir mon cul au moment où j’ai décidé de partir en déclinant poliment ses avances. Je l’ai tout de suite remis à sa place, mais le type a quand même osé m’envoyer un message après pour me dire : « j’ai eu un super feeling, j’aimerais bien te revoir ». Traduction : j’ai adoré ton cul, et j’aimerais bien le revoir.  Alors que ça ne s’était visiblement pas bien passé du tout ! Et là je lui ai renvoyé : « Non merci. J’étais hyper mal à l’aise. Sache que je peux effectivement être une salope quand j’ai envie, mais que j’ai horreur qu’on me prenne pour une salope. » C’est insupportable !

Heureusement que tous les hommes ne sont pas comme ça. Je rencontre aussi des garçons sympathiques et respectueux.

Pour conclure, je dirais que Tinder, j’en suis un peu revenue. Je pense que c’est un peu le royaume de la décadence affective et que trop de choix tue le choix. Certains mecs n’ont pas évolué avec leur époque. Ils ont l’application, mais en vérité ils ne sont pas prêts à voir une multitude de filles qui semblent être disponibles, mais qui ne sont pas forcément à leur disposition. Ils sont dépassés par ces femmes, comme moi, qui assument leur corps et qui n’ont pas forcément besoin d’un homme pour vivre. Ces mecs sont nostalgiques de la femme soumise qu’ils peuvent maitriser, prête à assouvir tous leurs désirs.

Pour conclure, je dirais que les femmes libérées dérangent encore sur les sites de rencontres. Je pense que je dérange.