Description du projet

Voir tous les portraits

Maroc

Sarah

« Parce que je suis une femme,

je n’ai pas le droit de rentrer dans certains bars »

Au Maroc, certains endroits sont tout simplement interdits aux femmes et aux chiens.

A Salé, en périphérie de Rabat, le propriétaire d’un restaurant a carrément interdit début janvier aux femmes de s’asseoir, « pour éviter toute situation inconfortable », d’après lui. Depuis quelques mois, une piscine à Mohammedia (près de Casablanca) a aussi interdit l’accès aux filles de plus de 12 ans. Des décisions qui révoltent autant d’hommes que de femmes.

Moi, ce que j’aimerais ? La liberté de me rendre dans les mêmes lieux que les hommes, tout simplement. Plus généralement, j’aimerais être considérée comme la seule responsable de mes actes.

Parfois, quand je commande une bière dans certains bars de Casablanca ou de Rabat, le serveur m’apporte un café en m’expliquant que la religion lui interdit de me servir de l’alcool. Que tu sois occidentale, célibataire ou chrétienne ne change rien pour ces crétins. Je leur tiens toujours tête et en général, ils m’ordonnent de partir. Au club de pétanque de Rabat, la règle est originale : l’alcool est seulement interdit aux femmes après 15 heures. Je peux donc boire un verre de whisky à midi, mais pas à 16 heures. L’explication est aussi loufoque que ce règlement : à partir de l’après-midi, les hommes ont plus de chances d’être saouls, et donc d’être tentés par des femmes commandant de l’alcool. Si le problème était vraiment là, il serait plus logique d’interdire aux hommes de boire après cette heure ou de limiter le nombre de boissons… Mais en vérité, ces règles visent juste à nous exclure et nous présenter comme d’éternelles tentatrices responsables du péché des hommes.

Ça n’a pas de sens et ça me met hors de moi. Je ne me mêle pas de la vie des autres, j’aimerais qu’on respecte la mienne.