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Maison pour tous Léo-Lagrange, Cherbourg, France

Sephora et Laurie

16 ans

« Il faut se mettre à la place des personnes harcelées »

Sephora : Nous, on voudrait parler d’une fille qui s’est faite harceler au collège par plusieurs individus. Et, à un moment, elle en a eu marre, au point de vouloir faire quelque chose de pas très bien. C’est la cousine de Laurie en fait.

Laurie : On a harcelé ma cousine parce qu’elle aimait une fille. Elle était très amoureuse de cette fille qui la faisait tourner en bourrique. Tout le monde l’insultait. Elle m’a déjà appelée plusieurs fois des toilettes, en pleurs. Et elle ne voulait plus ressortir. Pas parce qu’elle avait honte, mais parce qu’elle avait peur de sortir.

C’était surtout des filles qui la harcelaient. Elle a même changé plusieurs fois de collège. Et au bout d’un moment, elle en a eu marre et elle a fait des tentatives de suicide. Elle s’est mutilée les jambes et les bras. Elle a pris aussi des cachets et écrit une lettre à sa mère, à ma tante. Elle était à l’hôpital et elle était à deux doigts de mourir.

Ça me dégoûte qu’on puisse l’insulter et lui faire du mal pour ça. Et comme c’est ma cousine, ça m’a encore plus touchée…

Sephora : Quand sa cousine appelait, parfois j’étais à côté et c’était dur d’entendre une personne dans cet état-là. Et quand plusieurs personnes sont toujours contre la même personne, tous les jours, tout le temps, c’est très dur. Elle était vraiment très seule quoi…

Mais pour ceux et celles qui la harcelaient, ce n’était pas normal qu’elle aime une fille en fait. Elles le voyaient comme quelque chose de pas bien et ressentaient du dégoût.

Pour moi, chacun fait ce qu’il veut. Même si c’est vrai que ce n’est pas trop ça la vie pour moi, et que je suis hétéro, chacun son choix ! Si elle était heureuse avec cette fille-là, je ne vois pas pourquoi on aurait dû l’empêcher de l’aimer…

Et si je voyais ce genre de situation, je réagirais. Je pense qu’il faut éviter de juger trop vite sans savoir ce que ressentent les gens. Il faut se mettre à la place des autres, s’imaginer à la place de cette fille harcelée.

Laurie : Moi aussi je réagirais si j’étais témoin d’une scène homophobe. Car si aujourd’hui, ma cousine va mieux, c’est grâce au soutien qu’elle a eu.

Et à ces filles-là, moi je voudrais leur dire de ne pas se mêler de ça, parce que ce n’est pas quelque chose qui les regarde. Ma cousine fait ce qu’elle veut et les autres n’ont rien à dire. Chacun aime qui il veut. Pour moi, du moment qu’elle est heureuse et qu’elle est bien, c’est le principal.