Description du projet

AWABU Originaire de SAMBUK

Je ne me rappelle plus de mon âge, mais je sais que je suis au camp depuis 5 ans.

C’est la femme de mon fils qui m’a accusée. Elle n’était pas malade, mais affirmait rêver tout le temps de moi. Dans ce rêve je la poursuivais avec un couteau. Après plusieurs accusations, mon propre fils a aidé sa femme a me battre alors même que j’étais enceinte. Ils étaient de plus en plus ensuite, au moins sept, et m’ont menacée de me tuer dans la soirée. Je suis alors partie comme à l’accoutumée chercher du bois, et je ne suis jamais revenue.

J’ai passé huit jours dans le bush, seule, où j’ai accouché. Je pleurais, je criais, mais personne ne venait. J’ai lavé mon fils dans la rivière. Je cherchais un village, à bout de force. J’ai eu la chance de croiser ce Peul Foulani. Je lui ai raconté mon histoire, et il m’a envoyé dans un village, Wabugle, pour prendre un bus pour Gambaga. Cet homme m’a sauvée.

Mon mari était absent lorsque tout ça est arrivé. Quand je suis arrivée au camp, il est venu me voir. Je lui ai raconté. Nous avons décidé qu’il fallait que je reste, où ils nous tueraient tous les deux. Depuis, il est venu me voir trois fois au camp.

Je ne sait pas ce qui est passé par la tête de mon fils. Lui qui a aujourd’hui des enfants, comment peut-il faire cela à sa mère ?

(Son fils était, à l’époque, âgé de vingt ans.)