Une sélection de portraits à retrouver sur Le Monde Afrique et TV5 Monde

Regardons

le sexisme ordinaire

en face !

Cette série de portraits propose de regarder le machisme ordinaire en face à travers les histoires personnelles de femmes et d’hommes issus de 3 pays : le Maroc, la France et les Etats-Unis.

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La somme de ces histoires rend au machisme ordinaire son sens universel.

Ces histoires sont les nôtres.

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MACHO MOUCHKIL !

Cette initiative a été labellisée en 2016 par le Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes.

Certaines photos sont issus des ateliers pédagogique de sensibilisation au sexisme destinés aux jeunes et aux adultes, que vous pouvez découvrir aussi ici.

 

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Regardons le sexisme en face !

Macho Mouchkil !

J’ai proposé à des hommes et des femmes de trois continents de me parler du sexisme ordinaire et de poser masqués.

 

L’intention de départ est de rendre la parole. Laisser ces personnes partager leurs histoires de sexisme pour rendre compte de leurs souffrances, de leur combat et de leur courage  au quotidien.

 

Le but est aussi d’informer et d’expliquer le machisme à celles et ceux qui le perpétuent. Mais aussi de libérer et de soutenir celles et ceux qui n’osent pas encore dénoncer le sexisme à voix haute.

Parce que dire, c’est déjà faire un peu.

 

Ces histoires du sexisme quotidien sont théâtralisées par le masque, pour leur donner l’importance qu’elles méritent.

Ces masques symbolisent ceux que nous portons tous au quotidien, par des « rôles d’homme et de femme » dans nos sociétés codifiées.

Les masques permettent aussi de s’exprimer sans craindre d’être jugé, rejeté ou agressé pour ses idées. Par l’anonymat qu’il confère, le masque met à distance autant qu’il rapproche. J’ai aussi proposé d’utiliser des prénoms d’emprunt pour ceux et celles qui le désiraient.

Grâce au bouche à oreille, de plus en plus de personnes ont souhaité témoigner.

 

Ce travail pose aussi la question du machisme ordinaire au-delà des frontières, dont les lignes bougent d’un pays à l’autre, notamment en fonction de l’avancée des droits des femmes. Pour autant, les idées sexistes circulent depuis toujours, de la Caroline du Nord aux montagnes du Rif.

Au Maroc, des Marocaines et Marocains ont témoigné, mais aussi des Gabonais, des Français ou des Camerounais. Idem en France et aux États-Unis, où des hommes et des femmes de milieux sociaux différents, de toutes origines et de tout âge et se sont exprimés.

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Mon travail a débuté au Maroc sous le nom de « Macho Mouchkil » en août 2015. « Macho Mouchkil ! », parce qu’au Maroc la phrase « Machi Mouchkil ! » (« pas de problème » en arabe dialectal marocain) banalise parfois ces « petits accidents » du sexisme au quotidien. En novembre 2015, le Maroc était placé 139e sur 145 pays dans le classement de l’égalité hommes-femmes publié par le Forum économique mondial.

 

Fini le temps des « Miss Bikini » sur les plages de Casablanca. Cet été, nombreuses étaient celles qui préféraient se baigner en djellaba, de peur de se faire harceler, insulter ou menacer. Car l’année 2015 a été marquée par des affaires de mœurs à répétition. À Inezgane, des femmes ont été lynchées puis traînées en justice pour le port d’une jupe. Le film Much Loved, traitant du quotidien des prostituées, a été interdit et a provoqué un tollé au-delà de ses frontières. Son actrice principale Loubna Abidar a été agressée et battue dans la rue, avant de quitter le pays pour se réfugier en France. « Le Maroc est régi par une société patriarcale où les idées machistes prédominent », dénonce Ibtissame Betty Lachgar, activiste marocaine cofondatrice de MALI, Mouvement pour les libertés individuelles. En 2014, le Premier ministre Abdelilah Benkirane, issu du Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste conservateur) a recommandé aux femmes marocaines de quitter leur emploi pour retrouver leur place « naturelle » au sein du foyer et redevenir « les lustres qui éclairent les maisons ». Dans un contexte où l’infériorité de la femme est légitimée et justifiée par le chef du gouvernement en personne, s’exprimer en public peut se révéler très dangereux.

Pourtant, des Marocaines et des Marocains, de tous les âges et de toutes les classes, ont dénoncé masqué.e.s le machisme qui gangrène le royaume chérifien.

 

La richesse de ces histoires m’a donné envie de poursuivre ce travail en France et aux États-Unis pour travailler sur le sens donné
au « sexisme ordinaire », au-delà des frontières et des préjugés.

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La somme de ces histoires rend au machisme ordinaire
son sens universel.

Ces histoires sont les vôtres,

Ces histoires sont les nôtres.

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Ces portraits ont été exposés à Paris, Marseille et Cherbourg.

Des extraits ont été publiés sur Le Monde.fr et TV5.

 

Cette initiative a été labellisée en 2016 par le Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes.

 

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C’est quoi le sexisme ordinaire ?

Le machisme ordinaire, c’est la somme des stéréotypes et des représentations inégales fondées sur le genre.

Il se traduit par des gestes, des comportements et des actes qui marginalisent, excluent ou infériorisent. Cette posture, qui concerne autant les hommes que les femmes, vise à justifier et à imposer la prétendue supériorité de l’homme et à cantonner les femmes aux tâches subalternes.

Au quotidien, il prend la forme d’une petite réflexion condescendante, d’une main sur la cuisse, d’un conseil paternaliste ou d’un sifflement au coin de la rue.

 

Loin d’être banals, ces actes et pensées sexistes du quotidien sont les fondations de nos sociétés inégalitaires fondées sur des valeurs patriarcales et des rapports de pouvoirs phallocrates. Le sexisme est plus largement la cause d’humiliations, d’agressions et de la négation des droits humains.

Ces constructions de l’esprit trouvent leurs origines dans l’éducation, les rapports sociologiques et la psychologie de chacun.