Mardi 30 Septembre 1919, dans l’épisode 19, Madeleine se décide à parler de Loulou à son père chéri :

« Ecoute, mon petit Père, je vais te dire quelque chose. Ne ris pas, ne te moque pas surtout. Eh bien voilà : ta fille est amoureuse. Cela t’étonne, n’est-ce pas, et pourtant c’est ainsi. Je sais que je ne devrais pas te dire cela en ce moment, tu as bien d’autres choses à penser. Mais puis-je te le cacher ? Non, n’est-ce pas, oh ne te tracasse pas, il m’aime, je l’aime, et voilà tout. Il n’y a aucun mal, dis petit père, du reste Marie-Ange le connaît et m’a permis de le fréquenter. Je sais que ce n’est qu’un petit béguin, et pourtant je l’aime ! L’année dernière, je me suis moquée de lui en plein, et cette année je suis heureuse, bien heureuse lorsque je suis à côté de lui. Comment cela se fait-il ? Énigme ! Je n’y comprends rien. Voilà mon petit père, ma confession terminée. Ne me gronde pas. Du reste, tu sais que c’est toi que j’aime et que j’aimerais toujours le mieux … etc, etc. »
Que va-t-il penser ? Va-t-il rire ou se fâcher ? Il est impossible que tu m’en veuilles, n’est-ce pas père chéri, puisque je t’avoue franchement les relations que j’ai avec Louis. C’est égal ! Je me demande ce que tu vas penser. Ta fille amoureuse, tu ne t’attendais certainement pas à cette nouvelle. Mais vois-tu, à 18 ans, l’amour est nécessaire à l’âme comme le pain au corps. Un de nos grands poètes a dit : « Il est impossible d’aimer une seconde fois ce qu’on a véritablement cessé d’aimer ». Eh bien moi, je dis qu’il s’est bien trompé. Car jamais l’année dernière je n’ai éprouvé pour Loulou le sentiment que j’éprouve cette année. »