Extrait d’un été 1919 et d’un épisode délicieux , le 17ème des aventures de Madeleine.

Mardi 24 juin 1919

Grande nouvelle ! Les boches ont enfin accepté les conditions de paix et vont bientôt la signer, aussi quelle fête…Le soir est venu, nous suivons la musique en chantant, à travers les rues du village. Ensuite, c’est le bal traditionnel. Alfred est avec nous, malheureusement mon « timide » est retourné à Paris. Nous dansons comme des fous et à 1 heure du matin, nous quittons le bal.

Après nous être déshabillées, Zizi et moi faisons les imbéciles devant la glace. Moi, avec une grande écharpe rose, elle avec un couvre-lit blanc. Deux heures sonnent, nous nous couchons enfin.

Mais à quoi bon dormir puisqu’il faut que je me lève à 4 heures pour prendre mon train. Nos commençons donc à bavarder. Nous parlons entre autre d’une jeune fille d’ici, Marie Fayola, une vraie poupée mais poitrinaire jusqu’à la moelle des os. Elle a eu, parait-il, certaines relations plus qu’intimes avec certaines de ses amies.. Nous la blâmons sur sa conduite, et cependant, je ne puis dire le vague plaisir que nous épousons à dépeindre ces orgies… Puis tout à coup, sans que j’aie eu le temps de m’en apercevoir, Marie-Louise pose ses lèvres sur les miennes et me donne un baiser…un baiser qui ressemblait plutôt à celui d’une amante que d’une amie. »