« Lundi 11 novembre 1918

Enfin le voici ce jour tant désiré ! L’Armistice est signée, la France est victorieuse ! …Mes oreilles bourdonnent encore de ces deux phrases qui répandent la joie sur tous les visages.

Les cloches jettent dans l’air ses joyeux carillons. Le canon tonne comme aux jours où les boches maudits venaient semer le deuil et la misère sur Paris. Tout le monde court, rie, parle, chante, s’embrasse sans même se connaitre. Qu’importe, nous sommes tous amis, nous sommes tous frères en ce beau jour de gloire. Puis des milliers de drapeaux sont hissés aux fenêtres. Enfin la « Marseillaise » éclate. C’est alors un enthousiasme indescriptible.
Je ne puis décrire ce jour. Je parle, je parle, et je suis incapable de dire l’émotion que je ressens. Toute ma joie, toute ma reconnaissance, envers nos braves poilus se résument en ces mots : Merci !…Vive la France !…

Je ne puis en dire davantage, mon cœur déborde. Mais, quiconque aura vu ce jour heureux entre tous, me comprendra. Une joie trop grande ne peut se décrire, elle se devine. Ô France ! Tu es sauvée, sauvée par tes enfants. Leur sang n’aura pas été inutile puisque tu es victorieuse. Alsace-Lorraine, revenez à nous, nous vous tendons les bras. »