9 août 1918

« Oui, il m’aime. En réfléchissant, je trouve des preuves certaines. Je suis sûre qu’aucune mauvaise pensée n’a pu germer en son cœur à mon égard . Jamais il n’a pu supposer un instant que je puisse devenir sa maîtresse ! Il a seulement bercé le rêve fou, irréalisable, celui que je sois un jour sa femme.
Est-ce de l’amour que je ressens aujourd’hui pour lui ? Non, de la pitié, c’est tout. Je ne puis lui dire ainsi de but en blanc que toute trace d’amour est éteinte en moi. C’est pourquoi je lui fais de pieux mensonges.
Hélas ! Je ne suis qu’une petite fille, simple, inhabile, ne connaissant rien des artifices qu’emploient les femmes pour séduire…Je croyais dans ma naïveté, qu’il suffisait de donner sa foi à celui que l’on aime, pour qu’il vous aime à son tour…et pour toute la vie…Et bien…Et bien ! Je me suis trompée.
Je voudrais tant douter encore…m’illusionner ! C’est si bon de rêver de choses que l’on désire… »