« Madeleine,
Si vous savez ce que c’est que l’amour, si vous avez déjà aimé, vous comprendrez la douleur d’un cœur de 17 ans, d’un cœur trop jeune, qui vient de se briser.
J’avais hélas, eu la folie de croire en l’amour de Suzanne. Je l’aimais comme nul ne peut aimer. Je la chérissais comme nul ne peut chérir davantage. J’avais vu dans se yeux un rêve étrange, mystérieux, qui aurait fait le bonheur de ma vie. Mais son cœur, et son esprit volage, se sont tout-à-coup, enfuis à tire d’ailes. Elle m’a délaissé pour quelque autre amant. Je ne suis heureux qu’en la voyant heureuse elle-même. Je m’inclinerai devant sa préférence, et je me résignerai au sort du délaissé, du sacrifié. Moi, qui l’ai toujours aimé, qui l’aime encore, et qui l’aimerai toujours.
Je pleure, et je soupire. Rien n’obsédera plus ma pensée que la tristesse et le désespoir.
Faites moi la grâce chère amie, de faire disparaître ma photo, ainsi que tout ce qui pourrait vous faire penser à moi. Oubliez-moi, et surtout ne prononcez plus mon nom à Suzanne. Je veux qu’elle soit heureuse. »

Adieu

Léo »