Découvrez l’épisode 4 de Madeleine, du 8 janvier au 12 janvier 1918 …

« Cher Ami,
Je vois à votre lettre que vous n’avez pas reçu la mienne. Celle qui pour toujours doit me séparer de vous.
Vraiment, vous êtes fort ! Vous pleurez ! Pauvre enfant, pourquoi ne puis-je sécher vos larmes par un baiser.
C’est très bien de pleurer, mais vaut mieux rire et s’amuser (faites comme moi).
Or, comme vous le disiez l’autre jour, je suis très capricieuse. L’amour pour moi, n’est qu’un jeu, qui doit passer très vite. Pas de jour sans lendemain. Je croyais pouvoir aimer sérieusement. Mais non, je en suis pas faite pour être toujours au même. Je suis changeante, et vous aimer serait vous faire souffrir.
Je vous ai menti, en vous disant que mon amour avait été que pour vous. Combien déjà ai-je fait pleurer ! Mais, que m’importe qu’ils pleurent, je vis pour aimer, je suis faite pour aimer. Mais pour n’aimer qu’un jour. Au moment où vous lirez ces lignes, je serai à la République, un autre que vous m’y attend, un autre que vous prendra mes lèvres. Alors, voyez-vous, il faut m’oublier. Que le feu de votre passion s’éteigne, comme la flamme de mon amour, s’est éteinte pour vous … »