Vous qui lirez un jour ce journal, ne vous moquez pas, ne souriez pas, car comme je l’ai dit plus loin, je parle avec mon cœur de 16 ans. Et je ne vais pas chercher ce que je dirai plus tard, quand l’âge m’aura donné l’expérience.
Ce journal est bien simple en lui-même, il n’a qu’une qualité, celle d’être vrai ! Combien de folies y sont inscrites ? Je ne saurais les compter… Lorsque je relis ces lignes, pour la plupart écrites sous les yeux furibonds d’une maîtresse sévère, je ne puis m’empêcher de murmurer en moi-même : Étais-je sotte ! Mais hélas !… qui pénétrera jamais la nature d’une petite fille, telle que moi ? Et je dois m’accepter comme je suis, c’est-à-dire, très gaie, très rieuse, mais aussi trop sensible, trop rêveuse surtout. Car c’est ma folle imagination qui m’a fait souffrir, qui m’a fait pleurer. Allons amis, ne riez pas, oui, je le sais, j’ai été folle de verser des larmes, folle de renfermer en mon cœur des tristesses, lorsque j’aurais dû sourire, lorsque j’aurais dû chanter bien haut et porter avec orgueil mes 16 printemps, époque de la vie, où l’enfant au cœur volage, va devenir une femme.

Je vous réclame l’indulgence.